DELPHINE CHAMPAGNE

LE RETAIL ET SHEIN

Le problème du retail n'est pas Shein, c'est son incapacité à se réinventer.

On parle de développer l'omnicanal dans des magasins sans Wi-Fi.

On gère des comptes Insta comme des prospectus des années 80.

On parle de qualité de service mais pas question de rembourser un achat fait une heure avant.

On parle d'expérience client à des vendeurs dont l'expérience salarié donne juste envie de se barrer.

On répète "nous, c'est le lien, l'excellence de la relation client", pendant que la seule employée doit choisir entre conseiller ou encaisser. Et quand tout ça craque, on culpabilise nos clients d'acheter en ligne, moins cher, les mêmes produits que ceux qu'on vend.

Alors on unit nos voix contre le grand méchant chinois., Shein... Temu...

Quel culot, ces Chinois! On les a fait bosser pendant vingt ans pour produire nos collections, et maintenant ils osent vendre eux-mêmes, sur notre marché. Qu'ils s'installent en Italie pour produire notre "made in Europe", parfait. Mais qu'ils ouvrent des corners ? Alors là, non.

J'ai le lundi matin acide, désolée.

Moi aussi, je suis navrée qu'on puisse imaginer Shein en "sauveur" du BHV. Et navrée de la voie que cela risque d'ouvrir.

L'idée qu'ils puissent un jour débarquer dans ma ville me hérisse. A Neuchâtel, c'est un peu comme voir un Denner remplacer "Les Gourmets". Les locaux comprendront : dégoût 5 étoiles. Toujours pas digéré.

Moi, je rêve que le secteur du commerce se réveille. Et qu'il profite de cette attaque en règle pour se réinventer. Un travail de fond, pas juste le petit lifting annuel.

🐉 Dans le calendrier chinois, jusqu'au 16 février 2026, on est dans l'année du serpent de bois : signe de croissance tranquille, réflexion stratégique, et capacité à s'adapter avec patience et intelligence.

Tout un symbole, non ?

Parce que c'est exactement ce dont le commerce a besoin : moins de peur, plus de mue.