On parle énormément du commerce de centre-ville à Neuchâtel.
Et presque toujours sans données solides, récentes et localisées.
« Le centre-ville est mort commercialement »
« Le taux de vacance est catastrophique »
« Le e-commerce a définitivement tué le commerce de détail »
« Le centre-ville n'attire plus les jeunes consommateurs »
« Il n'y a que des pharmacies et des opticiens au centre de Neuchâtel »
« Les commerçants sont amenés à disparaître, on ne peut rien y faire »
« C'est la faute des autorités et de leur politique anti voiture »
« Plus personne ne fréquente le centre-ville »
« Les clients ne viennent plus parce qu'ils ne peuvent plus se garer »
« Mes clients n'utilisent ni Google ni les réseaux sociaux … donc je n'ai pas besoin d'y être »
« Les clients veulent uniquement du prix bas »
« Ce n'est pas le rôle des commerçants d'innover ou de se réinventer »
« Le commerce de centre-ville, c'est uniquement l'affaire des autorités »
Le problème ?
Nous restons dans un débat d'impressions, faute d'indicateurs publics précis sur le centre-ville lui-même.
Idéalement, il faudrait pouvoir objectiver :
- le taux de vacance par rue.
- les ouvertures / fermetures et leurs causes.
- le chiffre d'affaires par secteur.
- l'origine réelle des clients (habitants, canton, frontaliers, touristes).
- la fréquentation par rue.
- le niveau réel de digitalisation des commerces.
- l'impact économique des événements.
- les loyers au m² rapportés à la fréquentation.
Il existe bien quelques données publiques. Par exemple : au 1er juin 2025, 241 locaux commerciaux vacants ont été recensés dans le canton de Neuchâtel (+24 % en un an. source : ne.ch).
Ce chiffre reste cependant vague : il ne précise rien sur le centre-ville, les causes ou la dynamique actuelle du commerce urbain.
Et c'est embêtant.
Parce que sans diagnostic partagé, on prend de mauvaises décisions ou... on n'en prend aucune.
En attendant mieux, l'observation de terrain reste le seul point d'appui sérieux pour formuler des hypothèses de travail.
Dans mes prochains posts, je partagerai :
mon constat 2025, nourri d'observations et de discussions avec des commerçants, des habitants de la ville et du canton. des pistes d'action concrètes, basées sur ce qui fonctionne ici… et ailleurs.
Je n'ai plus de boutique aujourd'hui, mais je reste au cœur du commerce de Neuchâtel : observer, analyser, partager, agir.
Le commerce est mon ADN !